Tableau de bord

đŸ€Ź Un Mexicain ARRÊTÉ pour ne pas avoir portĂ© de masque facial RETROUVÉ MORT

Les Mexicains ont rĂ©pondu avec indignation aprĂšs qu'un homme a Ă©tĂ© trouvĂ© battu Ă  mort quelques heures aprĂšs avoir Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© par des policiers pour ne pas avoir portĂ© de masque facial en public.

Giovanni LĂłpez, un maçon de 30 ans, a Ă©tĂ© arrĂȘtĂ© le 4 mai par des policiers municipaux dans la ville d'IxtlahuacĂĄn de Los Membrillos prĂšs de Guadalajara.

Une vidéo de l'incident a été publiée mercredi et montre les policiers armés de fusils d'assaut forçant López à monter dans une camionnette de police alors que les passants plaident pour sa libération.

"Juste pour ne pas porter de masque?" demande un témoin, incrédule. "Il résistait", répond un officier. Les proches de López sont allés le chercher au poste de police, mais on lui a dit qu'il avait été conduit dans un hÎpital public de Guadalajara.

Lorsqu'ils sont arrivĂ©s Ă  l'hĂŽpital, ils ont trouvĂ© son cadavre. Il avait une balle dans le pied et une autopsie a rĂ©vĂ©lĂ© plus tard qu'il Ă©tait mort d'un traumatisme contondant Ă  la tĂȘte.

La vidĂ©o est apparue alors que les protestations se poursuivent aux États-Unis contre le meurtre de George Floyd par la police et ont mis en lumiĂšre la brutalitĂ© policiĂšre au Mexique, oĂč les officiers sont souvent mal payĂ©s et mal formĂ©s, mais enclins Ă  abuser de leur pouvoir.

Le hashtag #JusticiaParaGiovanni a tendance sur les réseaux sociaux mexicains. "Giovanni n'est pas mort, la police l'a tué", a tweeté l'acteur Gael García Bernal.

L'arrestation a eu lieu dans l'ouest de l'État de Jalisco, oĂč le gouverneur Enrique Alfaro a Ă©dictĂ© des rĂšgles strictes sur le port de masques en public au milieu de la pandĂ©mie de Covid-19.

Des militants des droits de l'homme avaient prĂ©cĂ©demment averti que la suggestion d'Alfaro selon laquelle toute personne ignorant les mesures risquait d'ĂȘtre arrĂȘtĂ©e Ă©tait une invitation aux abus de la police. «La police corrompue en profite», a dĂ©clarĂ© le pĂšre Robert Coogan, aumĂŽnier de prison amĂ©ricain dans la ville de Saltillo, dans le nord du pays.

«Cela donne Ă  la police une raison de plus de dĂ©tenir des personnes (et) de les voler», a-t-il dĂ©clarĂ©. Alfaro a promis une enquĂȘte approfondie. Mais le procureur de la RĂ©publique Gerardo Octavio SolĂ­s a dĂ©clarĂ© que l'arrestation visait un "comportement agressif" plutĂŽt que de ne pas porter de masque - une version contestĂ©e par la famille.

Les voisins de López ont déclaré au journal Mural que la police locale détenait et maltraitait des personnes ne portant pas de masque en public. Des groupes de défense des droits humains ont rassemblé de nombreuses preuves suggérant que les abus, la torture et les exécutions extrajudiciaires sont monnaie courante au Mexique.

Tom Long, un expert de la sĂ©curitĂ© mexicaine Ă  l'UniversitĂ© de Warwick, a notĂ© que - comme aux États-Unis - la police au Mexique est devenue de plus en plus militarisĂ©e, en partie Ă  cause de la soi-disant «guerre contre les drogues»

"Il y a une longue histoire de brutalités policiÚres dans les deux pays", a expliqué M. Long, ajoutant que de nombreuses forces mexicaines avaient reçu une formation américaine. «[La militarisation] est une recette de la violence policiÚre, particuliÚrement destinée à ceux qui ont le moins de ressources monétaires et sociétales pour les tenir responsables.»

Les analystes de la sĂ©curitĂ© estiment que les manifestations de rue contre les abus de la police ne devraient pas Ă©clater Ă  travers le Mexique - comme cela s'est produit aux États-Unis - car les indignitĂ©s commises contre les pauvres ne parviennent pas Ă  mobiliser les masses.

"Malheureusement, peu de gens se soucieront de la violation des droits d'un pauvre dans un pays comme le nĂŽtre", a dĂ©clarĂ© Francisco Rivas, directeur de l'Observatoire national des citoyens, qui surveille les problĂšmes de sĂ©curitĂ©. «Les communautĂ©s aux États-Unis
 rĂ©agissent lorsqu'elles se sentent maltraitĂ©es. Il n'y a pas ce sentiment de communautĂ© ou de solidaritĂ© quand des abus sont commis ici. »